Lipari

Coucher de soleil sur Lipari, île éolienne, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

Samedi 31 Mai 2014

De retour aux éoliennes après 3 semaines d’Odyssée en Grèce et en Sicile (Leucade et Syracuse) le détroit de Messine est derrière nous. Le soleil embrase les nuages de ses couleurs à la Turner au-dessus de Lipari, un peu plus loin sur tribord le panache du Stromboli affirme fièrement l’activité de son volcan. Nous y serons dans quelques jours.

Coucher de soleil sur Lipari, île éolienne, photo Serge Briez, Cap médiations 2014
Coucher de soleil sur Lipari, île éolienne, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

Chaque soir le spectacle est là, au coucher du soleil et nous buvons ces instants jusqu’à la lie sans jamais nous lasser. En mer on devient contemplatif, le cerveau se met en pose, le corps et l’esprit participent à tous les instants que l’océan nous offre. Vivre par tout les pores de sa peau, respirer et sentir sans contraintes, vibrer des événements répétés chaque jour mais jamais identiques, quel bonheur…

Nous arriverons vers 22h et même si nous connaissons l’approche de jour, la nuit tout est différent. Nous devons retrouver Pierre, Michèle et Ulysse à bord de Cacalou. Ils sont amarrés sur un ponton dans la baie. Après avoir cherché un peu dans la nuit, nous nous amarrons au ponton de Porto Salvo où nous sommes bien accueillis. Ici on vous passe les amarres et on vous accueille même la nuit, çà fait plaisir.

Une nuit paisible et nous retrouvons nos amis et Ulysse qui manifeste sa joie de nous revoir par un regard amical et appuyé « so british », ce chien a de la classe…

Ulysse à bord de Cacalou, photo Serge Briez, Cap médiations 2014
Ulysse à bord de Cacalou, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

Nous allons passer deux jours à Lipari, avant de partir pour le Stromboli. Ainsi, nous prenons le temps de visiter Lipari que nous n’avons pas eu le temps de voir sur notre 1er passage.

Le port est très actif avec ses ferries à grande vitesse sur leur foil qui arrivent à 25 nœuds dans la baie sans lever d’eau. Ces navires commerciaux font le tour des éoliennes et déversent les touristes déjà nombreux. Ils font également la liaison régulière avec Messine, Naples…

L’ile est la plus grande des éoliennes 37 km² et aussi la plus peuplée 11000 habitants. Colonisée dès l’âge du bronze à cause de ses ressources en obsidienne, utilisée pour les outils de coupe, et la pierre ponce, elle fut le théâtre de bien des conflits et de nombreux peuples s’y sont succédés : arabes, grecs, romains, normands, espagnols… La liste est longue et montre l’intérêt stratégique et économique de l’ile. Les habitants ont dû avoir une vie difficile et on le ressent en y arrivant. Malgré l’empreinte touristique importante, la tradition est là et les valeurs aussi.

Une ballade vers le port nous mêle à un mariage, on se croirait dans les années 70. Une foule nombreuse se presse autour des mariés qui sortent de l’église sous une haie d’honneur des sabres des officiers garde-côte. Le marié est en uniforme avec les gants noirs et le sabre à la hanche. Les bateaux du port font claironner leurs cornes de brumes et un joyeux tintamarre ponctue les accolades et remerciements. Le cortège descend le grand escalier et se dirige vers 2 voitures sorties du catalogue FIAT de 1970 et semblant flambants neuves. Les enfants courent, dévalent les escaliers. Une petite demoiselle d’honneur, tout de rose vêtue est en larme, impressionnée par le vacarme. Son Papa la prend dans ses bras pour la rassurer. Ces instants sont des petits bijoux qui nous sont offerts, le temps n’est pas passé par là, les générations sont encore liées par des valeurs communes, et ici les gens s’aiment, çà se sent.

Mariage au port de Lipari, île éolienne, photo Serge Briez, Cap médiations 2014
Mariage au port de Lipari, île éolienne, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

Puis comme nous ne sommes pas invités à la noce, quoique… Nous continuons notre ballade vers l’église de la Madonna della Nueve, où une crèche de plusieurs mètre de long fait revivre Lipari au début du XXème siècle. Le port, les petits métiers, des scènes de vies précieuses qui démontrent à la fois un savoir-faire et un regard précis sur une société qui a tellement bougé depuis.

Nous montons, ensuite, au château, îlot fortifié du 16ème siècle avec la basilique San Bartholoméo avec sa façade baroque et son portail en bronze. L’intérieur est un mélange des siècles, des fresques sous les voûtes, des orgues imposants, quelques retables et même si la basilique est vide en cette fin de journée, on y sent la foi et la dévotion, elle doit réunir les grands jours tous les îliens pour des messes qui ponctuent les événements importants de la vie.

Le gardien nous propose la visite du cloître et là c’est vraiment une belle surprise. Surgit du XIème siècle un cloître un peu désolé dont seules 3 travées ont été préservées. Un panneau nous dit que les normands, sous l’égide du Comte Ruggiero le vieux, au XIème siècle, y envoyèrent des moines bénédictins qui séduits par la beauté et le«calme» de l’île fondèrent un monastère dans le plus pure style clunisien. A la suite des invasions turques et d’un tremblement de terre le cloître fut transformé en cimetière et recouvert sous la terre. En 1978, Luigi Pastore en furetant dans les décombres découvrit des chapiteaux et ainsi le cloître resurgit après plusieurs siècles de sommeil.  De nombreux chapiteaux ont été mis à l’abri en vue d’une restauration future. On peut encore voir quelques chapiteaux splendides avec un bestiaire archaïque.

Cloitre du XIè Siècle, île de Lipari, photo Serge Briez, Cap médiations 2014
Cloitre du XIè Siècle, île de Lipari, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

La ballade se continue sur la falaise sous le château. À portée de main Vulcano et ses fumeroles soufrées. Un voilier arrive dans la baie survolée par les goélands. Les eucalyptus dégagent leurs parfums mis sous pression par une chaude journée. La vue sur la baie est spectaculaire. La navette des navires incessante, les petites silhouettes se pressent sur l’embarcadère et pourtant tout est paisible.

Nous ne visiterons pas le musée Archéologique depuis que nous sommes partis aussi bien en Grèce qu’en Sicile les Musées archéologiques sont toujours fermés quand nous arrivons, alors on se dit que ce sera une bonne raison de revenir. Nous rentrons au bateau pour partager avec nos amis un apéritif avec tous les bons produits de Lipari et il y en a : De bonnes olives, de petites tomates savoureuses et un pécorino au poivre avec un bon vin de Salina.

Nous ramènerons à la maison et à la famille des pâtes et des pesto variés : pesto du Stromboli à la tomate et au piment, pesto à la pistache, pesto aux câpres… L’île est riche en oliviers, câpriers et pistachiers, ce qui agrémente largement la cuisine locale.

Michelle nous a préparé à midi de délicieuses tranches d’espadon ( acheté le matin même ) avec une sauce à la tomate et aux câpres très savoureuses. Plat dont la préparation a été inspiré d’une recette Sicilienne : l’espadon à la gourmande, un délice.

Dimanche départ pour le Stromboli, plein de gasoil car nous partirons directement ensuite vers Bonifacio où nous devrions arriver dans 3 jours « si Dieu le veut… » comme on dit.

Texte et photos de Serge Briez, Cap médiations 2014

 

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