Teatro Greco di Siracusa

Applaudissements du spectacle "Le Vespe" d'Aristofane au teatro greco de Syracuse, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

Lundi 26 Juin 2014

Je donnerai un an de ma vie pour un un voyage dans le temps : année -423 avant J.C, le 26 Mai à 18h30. La foule se presse aux portes du théâtre plus de 15000 personnes sont là rassemblées sur la grande place du Teatro Greco di Siracusa pour assister à la représentation de la dernière pièce d’Aristophane : «LE VESPE» (les guêpes), et on le sait déjà tout le monde ne pourra pas rentrer.

«LE VESPE» fait déjà grand bruit, et la foule bourdonne toute à l’excitation du moment : braver le pouvoir sans se faire remarquer et rire au dépend des mauvais travers de la société. L’Empire Grec à cette époque s’est divisé en 2 nations gouvernées ; par Athènes d’un côté et Syracuse de l’autre, les deux bien entendu antagonistes l’un de l’autre jusqu’à se faire une guerre terrible qui entama le déclin de la civilisation Grecque.

Le théâtre Grec, on se le représente avec de grandes tragédies, des masques, de grandes robes ondulant dans le vent, et des voix déclamant les vers des grands auteurs «classique». C’est aussi le lieu de la subversion encadrée, comme l’opéra que nous allons voir ce soir. C’est une farce qui aurait pu inspirer Molière.

Scène du "Le Vespe" d'Aristofane, au teatro greco de Syracuse, photo Serge Briez, Cap médiations 2014
Scène du « Le Vespe » d’Aristofane, au teatro greco de Syracuse, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

Et voilà l’histoire : les Grecs plutôt que de réunir des jurés populaires tirés au sort, en on fait un métier : juré d’un jour payé à l’acte 3 oboles, n’importe qui peut se présenter et assurer ainsi son budget apéro en se délectant du pouvoir qu’on lui donne ce jour : rendre la justice. Ainsi, les jurés sont populaires mais payés comme n’importe quel job journalier.

Le citoyen FiloCleone est un pro du barreau, tous les jours que les Dieux font il rend la justice, et s’attaque au prévenu dont le sort est joué d’avance tant le Vespe se régalent d’attaquer les prévenues. FiloCleone est atteint de « tribunalite » aiguë. Son fils BdelyCleone ayant épuisé tous les recours de la médecine pour guérir son père de ce mal étrange, doit se résoudre, aidé de deux compères , à l’enfermer chez lui. Pour le soigner, ils lui font juger un chien accusé de vol. La farce se termine avec le père tombant sous les avantages d’une prostituée qui le guérira de son addiction. C’est en fait, à mot couvert, un procès intenté par Cléone contre le général modéré Lachès qui est mis en scène. Ce spectacle est accompagné de nombreuses farces et plaisanteries, à la fois critique de la société et caricatures de personnages.

La foule surchauffée commence à rentrer dans l’enceinte, une allée bordée de cyprès, d’orangers et de cascades de câpriers accrochés au rocher encore chaud, nous conduit au teatro greco. Quelques cerbères font le service d’ordre et gardent les places des notables et VIP aux meilleurs rangs. Archimède, Platon, Pindare et Sappho
sont là,  les autres se répartissent en fonction de leur condition sur les gradins taillés dans le calcaire blanc.

La vue est à couper le souffle. En arrivant par le haut on découvre toute la ville lovée autour de la baie de Syracuse, gigantesque décor naturel au théâtre le plus grand de Sicile. La ville est le théâtre. Le soleil au couchant prend le public en contre jour et le jeu des lumières orange vient frapper la scène directement. Tout à coup, un roulement de tambour, le calme se fait et un homme sort du milieu de la scène comme par magie. Le spectacle a commencé. Le public s’apaise et commence à rentrer dans l’histoire.

Le reste je l’ai vu de mes propres yeux et vécu avec intensité rare ce beau lundi de Mai, alors que le soleil se couche sur le théâtre, et que les jeunes étudiantes de Syracuse Facebook et Tweet l’opéra en direct. Mes émotions ont été d’autant plus grandes que le  passé-présent du Teatro Greco faisait sa magie.

Applaudissements du spectacle "Le Vespe" d'Aristofane au teatro greco de Syracuse, photo Serge Briez, Cap médiations 2014
Applaudissements du spectacle « Le Vespe » d’Aristofane au teatro greco de Syracuse, photo Serge Briez, Cap médiations 2014

Je ne vous le raconterai pas car je vous souhaite de tout coeur de faire ce voyage, un jour de Mai,  et de venir vivre ces intenses moments du bonheur d’ assister à une représentation d’un pièce antique au Teatro Greco di Siracusa.

Le festival Nazionale del drama antico Siracusa a lieu tous les ans, depuis 100 ans, tous les jours du 9 Mai au 22 Juin. Il est organisé par la FONDAZIONE INDA : http://www.indafondazione.org.

Pour ce centenaire, la ville de Syracuse était aux couleurs du Teatro Greco et nous en avons largement profité.

Texte et photos de Serge Briez, Cap médiations 2014

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