et bientôt Syracuse

Aperçu au loin de Syracuse, première sensation de la terre, photo Serge Briez, cap médiations 2014

Vendredi 23 Mai 2014

Dans 4 heures nous arrivons. Le ciel est gris et la mer aussi, 8 noeuds de vent dans le nez, au moteur, le soleil s’est levé à l’heure ce matin. No comments, au risque de vous lasser, non sur les lever de soleil, mais sur mes élucubrations littéraires.

Des dauphins bleus et blancs, un grand groupe d’une cinquantaine bien occupés à pêcher dans les filets, se gavant de poissons bleus. Chut ne les dérangeons pas, même si quelques uns sont venus faire un bisou à l’étrave de Thera, je n’ai pas fait de photos, juste eux et moi pour un partage d’un instant.

Je me suis longtemps fait des plans dans la tête, sur les villes que j’allais découvrir, celles qui m’ont fait rêver. Les autres c’est souvent qu’on est obligé d’y aller et c’est moins fun.

Et puis, un jour, peut-être parce que je me trompais, j’ai tout mis en mode surprise et là je n’ai pas été déçu, peu de préparations, peu de lecture avant, peu d’images dans la tête. Et à l’arrivée que du bonheur, du neuf, la liberté de divaguer dans une ville avec tous les mythes accrochés qui petit à petit prennent corps.

Les mythes sont importants pour moi, ils sont le lien de l’imaginaire à la réalité. Ils donnent l’âme au corps et se nourrissent des subtilités de nos histoires communes. Ils sont les liens de l’humanité. Les mythes viennent souvent prendre la place de la réalité et tout le monde s’en accommode voire en redemande. C’est parfois tellement plus beau que ce que l’on a sous le nez.

Syracuse…Nous y arrivons par la mer. C’est quelque chose d’arriver dans une ville par la mer, voir petit à petit se définir à l’horizon les contours, les élévations, les constructions, puis les couleurs sans trop savoir ce que c’est, comme un tableau impressionniste, tout vibre, tout bouge et se transforme, et tout à coup, c’est là devant soi, une ville parfaitement nette avec ses quartiers, ses alignements de maisons et d’immeubles, ses monuments remarquables, ses circulations. Puis, en approchant encore un peu plus, c’est la vie qui apparaît. Parfois ce sont les odeurs qui arrivent avant, comme pour nous la prédire, comme cette arrivée à Lisbonne il y a deux mois, après la traversée du Golfe de Gascogne, alors que les papilles sont saines, vigoureuses et parfaitement disponibles, après une nuit de veille à écarquiller les yeux pour ne rien manquer des lumières de la côte, une odeur de mijoté, chargée en épices et parfums lourds de popote d’un restaurant préparant à l’aube ses plat à cuisson lente. A l’heure du petit déjeuner on se ferait bien une bonne portion de morue baignant dans un jus de tomates et d’huile d’olives en y trempant un bon morceau de pain dégoulinant sur les doigts rien que pour le plaisir de les lécher.

Les odeurs…Souvent, on y fait pas attention, mais elles sont là, bien avant nos autres sens. Elles nous mettent en conditions, dans le jus en somme, et le jus d’une ville c’est à la fois subtile et implacable. Chaque ville a son parfum et on le sait, quand on vient de la mer. J’essaierai un jour de raconter ça, mais depuis «le parfum» de P. Suskind j’avoue que le challenge pour en parler est un peu haut pour ma petite plume.

Syracuse, Syracuse…le nom même est un rythme, des couleurs, des parfums, mais je ne veux pas en penser davantage, elle arrive la belle cité, et je m’en lèche les babines d’avance.

Pour l’instant c’est juste une différence de gris, droit devant, de quelques centimètre de haut. La côte semble improbable, nuage, illusion ? mais non, c’est bien le coup de crayon du dessinateur génial qui a conçu tous nos paysages, plus que 25 miles et 3h alors patience et je vous raconte ma Syracuse…

Texte et photos de Serge Briez pour Cap médiations, Thera explorer

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