Du lever au couché du soleil

Coucher de soleil sur la mer, photo Serge Briez, Cap mediations 2014

Jeudi 22 Mai 2014

Depuis que notre bonne terre est née, il y a deux choses qui n’ont jamais changées c’est le lever et le coucher de soleil. C’est vrai qu’énoncer ce genre d’évidence semble, à priori, bien inutile. Mais, c’est sans considérer, que la plupart d’entre nous n’ont que peu l’occasion de profiter de ces 2 moments fondamentaux de notre journée.

Le marin est verni il a droit aux deux, juste en tournant la tête. Son horizon couvre les 360° et de l’est à l’ouest en passant par le nord et le sud plus tous les degrés qui les séparent, tout lui est permis.
En mer, je regarde où je veux, sauf si j’ai un vilain cargo de passage qui vient me boucher la vue, mais en principe ce n’est que provisoire. Donc, tout les matins que le marin fait, le soleil se lève pour lui tout seul.

Je fais partie de ces malades qui se lèvent en dehors de leur quart juste pour le lever de soleil, ça dure et ça dure parfois une heure ou plus, de l’aube qui petit à petit mange la nuit de sa clarté insidieuse jusqu’à  découvrir l’éclatant soleil qui sort de l’horizon là où on ne l’attends pas.

Lever de soleil sur thera explorer, photo Serge Briez, Cap mediations 2014
Lever de soleil sur thera explorer, photo Serge Briez, Cap mediations 2014

C’est LE jeu, on fixe l’horizon au plus clair et on se dit il va sortir là et dans 10 minutes et il sort bien entendu 15 minutes plus tard et à 10° du point visé. Facétieux mais pas compliqué car quand il monte il ne s’arrête plus et rapidement vient réchauffer le visage et donne l’énergie de la journée qui commence. Qu’il est bon, alors que le soleil a fait le job, d’aller se recoucher en se disant que la journée a très bien commencée.

Le coucher de soleil c’est une autre paire de manche, là on est dans le lourd, Un bon coucher de soleil, ça se prépare et l’océan prépare la scène une bonne heure avant. Il met tout en ordre pour qu’à l’instant T son horizon avale, comme on gobe un oeuf, la grosse boule orange.
Mais je gâche le spectacle en concluant trop vite.

Donc l’océan se fait plus paisible. Même quand on est dans un coup de vent, les instants qui précèdent l’arrivée de l’obscurité sont souvent un bref moment de répit pour le navigateur qui essuie la tempête. J’avouerai tout de même que j’ai vécu une tempête au Cap Horn qui n’a pas vraiment joué le jeu. La mer fumait ses 12 beauforts et là brusquement dans les angoisses de nuit qui se pointent alors qu’on est en danger, la trêve attendue est arrivée sous la forme d’énormes vagues rougeoyantes. Alors, il a fallu se préparer au pire et là j’avoue que c’est un coucher de soleil que je n’ai pas apprécié du tout, même si par sa violence sublime je l’ai admiré et le garde en moi comme le plus beau moment de nature qu’il m’ait été donné de vivre à ce jour.

La mer devient plus grande. Comme si c’était possible, elle s’étire, se décontracte. Les lumières du ciel deviennent subtiles, tout en nuances, comme pour dire «allez, je n’ai pas été gentil, c’est vrai, mais regarde maintenant comme je suis beau et soyeux, regarde mes reflets quelles subtilités, la classe non ?».

Coucher de soleil sur Thera explorer, photo Serge Briez, Cap mediations 2014
Coucher de soleil sur Thera explorer, photo Serge Briez, Cap mediations 2014

Pour ceux qui n’ont pas la fibre artistique çà peut être un peu long donc on va raccourcir les autres savent déjà de quoi je parle.

Maintenant tout est en ordre et les 14 minutes qui vont suivre. «Pourquoi 14 minutes ?». Je les ai comptés ce soir alors je sais de quoi je parle, c’est long et c’est court, le petit Prince en sait quelque chose lui qui aimait tant les couchers de soleil.

Respirons un grand coup et c’est parti pour 14 minutes d’apnée, enfin seulement pour les amateurs ayant la capacité de supporter un tel exploit. Pour ma part je relâche, si je le peux, tous mes muscles, ne pense plus à rien et fixe le regard sur l’horizon jusqu’à l’éblouissement complet. Je sais que ce n’est pas conseillé, mais je ne peux pas me retenir. Je met tout de même des verres bien noirs. Et le soleil durant mes 980 battements de cœur descend sur l’horizon en enflant de rouge et passant pas toutes les nuances de l’oranger au jaune.

L’horizon rosi de tendresse et d’amour, l’océan devient soyeux de toutes les nuances de l’astre. Lentement d’abord, puis finalement, brutalement il est aspiré par l’océan sur l’horizon. Comme me l’a fait remarquer Agnès tout à l’heure, il réapparaitra exactement de la même façon demain matin. J’admire sa certitude…

Comme le petit Prince, j’aime les coucher de soleil parce qu’ils nous disent que la nuit commence et que l’océan et le soleil font une grande fête pour l’accueillir.

Et bien oui c’est vrai je viens de le voir ce matin il s’est levé comme Agnès me l’avait prédit, l’intuition féminine vaut toutes les certitudes de l’homme…

Texte et photos de Serge Briez, Cap médiations 2014

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